Igor Karenin

Film photographie in Brussels

CHS 50 et HC-110

HC-110, ce révélateur visqueux fabriqué par Kodak. Dans les instructions de préparation de HC-110, on trouve les dilutions A à F. La dilution B est 1/31, donc on 16 ml de concentré + 484 ml d’eau donnent 500 ml de révélateur prêt à l’emploi. La solution H n’est pas indiquée par Kodak. Elle consiste à diviser par deux la quantité de solution concentré à diluer dans l’eau et de multiplier par deux le temps de développement. Pourquoi ? Parce que les temps de développement du HC-110 sont particulièrement courts et il faut encore raccourcir ce temps de développement quand on développe dans un cuve rotative type Jobo. Donc la solution H est 8 ml de concentré + 492 ml d’eau pour préparer 500 ml de révélateur prêt à l’emploi.

Et CHS 50 est une pellicule fabriquée depuis les années 1950 par Adox. La massive dev charte nous apprend que la CHS 50 exposé à 50 asa doit être développée 7 minutes dans la solution B de HC-110. Et comme je veux développer dans ma machine Jobo, le temps de développement serait de 4 minutes à 4 minutes et 30 secondes. C’est court. Aaaah, ce qu’elle est pratique, la dilution H !

Je développe une première pellicule pendant 9 minutes et 30 secondes. Négatif trop sombre (même si j’ai fait des photos en pleine soleil), donc j’ai développé trop longtemps. En plus, les bords du négatif étaient noirs. Pourtant, la documentation ADOX CHS 50 est bien faite. Il y est même indiqué qu’il faut prémouiller la pellicule.

Je développe une seconde pellicule. Prémouillage pendant 1 minute (ce que j’avais omis pour la première pellicule). Et puis 8 minutes de développement (à la vitesse lente bien sûr). Bain d’arrêt. Fixage très court : 40 secondes et c’est largement suffisant.

Le résultat est juste parfait. En tirant les négatifs, pas besoin d’augmenter ou de diminuer le contraste.

Il faudra peut être que je scanne une photo pour montrer le résultat.

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Varsovie, Varsovide

Il n’y a pas longtemps, j’ai acheté un Minolta CLE avec un Summicron 40mm – pour faire de la diapo uniquement (j’ai un Mamiya 7 pour le moyen format en NB). Et voilà qu’un petit magasin à Varsovie vend des pellicules Adox CMS 20. Je teste et je me réconcilie presque avec le noir et blanc compact (je préfère développer des pellicules moyen format). Donc voici quelques exemples. Ce sont des scans de négatifs que j’ai du travailler à l’ordi. Pourquoi ? Parce que j’ai exposé les pellicules à 25 asa (au lieu de 20) et j’ai développé dans le révélateur dédié à 6’30 ». C’est trop long. Négatifs trop clairs et donc scans trop sombres. Je réduirai le temps de développement la prochaine fois.

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Tons chauds, sélénium et ferricyanure

La photographie argentique n’est pas morte. Loin de là. De nouveaux papiers arrivent, de beaux papiers existent toujours ; l’offre de pellicules reste variée. Quant aux chimies : elles ne cessent d’exister et avec la nouvelle vague écologisante, on trouve non seulement des révélateurs à base de vitamine C, mais même à base de café. On a donc de quoi s’amuser, voire de donner libre course à ses envies d’interpretation de la prise de vue.

Je tire depuis quelques mois sur du papier Adox. Et depuis peu, j’ai tenté de tirer sur du papier à grade fixe et non variable. L’idée m’était venu après avoir acheté un paquet de papier AGFA Brovira sur ebay. Les photos sont ma-gni-fiques (je ne parle que du tirage, je suis un piètre photographe – et tireur d’ailleurs. Un véritable hobbyiste).

Puis, une amie voulant bien, au retour de son voyage à New York, me ramener quelques paquets de papier Oriental, je découvre le magnifique papier ton chaud d’Oriental. Voilà le blanc cassé encore plus beau qui celui d’AGFA (qui continue à faire références bien sûr).

Qui dit grade fixe, dit varier les effets du tirage avec les révélateurs papier. Les différents révélateurs de Téténal permettent d’atteindre des différences très importantes dans le résultat final. Le tirage à deux bains, comme l’Amidol  de chez Moersch, est parfois nécessaire pour extraire toutes les nuances du négatif.

Qui dit grade fixe dit qu’il faut parfois foncer les noirs avec un virage sélénium ou éclaircir les hautes lumières avec un peu de ferricyanure.

Voici un tirage réalisé le weekend dernier. Un dimanche pluvieux du mois de novembre.
Le négatif était bon. La photo a été prise à Delft aux Pays-Bas, un dimanche pluvieux, huit jours avant. La pellicule est du Ilford Delta 400, développé dans du LC-29, 1+19 pendant 7 minutes et 30 secondes à 20°C, suivant la documentation Ilford. Le tout dans une cuve Paterson. J’agite de manière continue pendant 30 secondes puis 5 secondes toutes les 30 secondes. En cinq secondes, je retourne la cuve à 180° deux fois. Donc pas trop vite, ni trop lentement.

Voici le premier tirage:

Il a été tiré sur du papier ton chaud Oriental baryté. C’est un papier à contrast variable et j’ai tiré à M40 (Grade 3), l’objectif de 80mm étant ouvert à f8, durée de l’exposition: 8 secondes. Révélé dans un révélateur ton chaud d’Ilford. J’aime bien. Mais c’est un peu terne. Et un des inconvénients des papiers Oriental est que les noirs ne sont pas assez profonds (comparé au papier Adox, j’adooooooore les papiers Adox nuance).

Comme le ferricyanure permet d’obtenir un contraste particulier par la dissolution de sels d’argent. J’ai voulu essayer. Voici le tirage:

Au lieux d’exposer pendant 8 secondes sous l’agrandisseur, j’ai exposé 12 secondes et puis je mets dans un bain d’hyposulfite de sodium 200gr dans un litre d’eau. Pour le bain de ferricyanure de potassium, je ne mets qu’une petite cuillère rase par livre (et non un cuillière à soupe). Donc, après 30 secondes dans le bain d’hyposulfite de sodium, je mets la photo sur une plaque  et applique le ferricyanure localement, à l’aide d’un bout de coton. Ca permet d’éclaircir là où on veut (et d’ailleurs, j’ai cramé les hautes lumières sur la voiture et sur la maison derrière).

On peut virer la photo ainsi traitée au ferricyanure. Donc d’abord on traite au ferricyanure et ensuite on vire. Ca donne ceci (tiré trop foncé à l’origine). Voici le résultat:


Enfin, on peut inverser les traitements : on vire d’abord la photo au sélénium et on le traite ensuite au ferricyanure, ça permet de varier les tons en plus des contrasts. Voici :

Quant aux chimies usées, on les donne à boire aux chats de sa belle-soeur.